L’endométriose touche 15% des femmes.

Mécanismes de la douleur

En plus de l’inflammation présente uniquement pendant les règles, l’endométriose irrite les terminaisons nerveuses entraînant des douleurs à type d’à-coups (coup d’aiguille, de poignard, élancements, décharges électriques) ou un fond douloureux permanent à irradiation lombaire ou vers les membres inférieurs.

Cette névralgie va empêcher la mobilité des tissus concernés, notamment les tendons, ligaments, muscles, organes (tube digestif, vessie, utérus, vagin, etc.): cette perte de mobilité en cascade va entraîner des douleurs qui peuvent s’étendre au cours du temps sans que l’endométriose progresse et des troubles fonctionnels digestifs (ballonnement, alternance diarrhée-constipation), urinaires (mictions douloureuses ou fréquentes) ou sexuels (dyspareunie).

Ces informations douloureuses remontent au cerveau d’où partent, en sens inverse, des voies inhibitrices descendantes.

De plus, elles sont modulées par l’environnement (anxiété, dépression, idées négatives, comportement...) et donc peuvent bénéficier de soins comme l’hypnothérapie, la psychothérapie, la sophrologie.

Ainsi, la prise en charge de la douleur dans l’endométriose doit donc agir aux 3 niveaux: lésionnel, fonctionnel et cortical.

Traitement médicamenteux de la douleur

Traitement de fond

Il utilise des médicaments à la dose optimale, en commençant par des faibles doses, pendant 3 mois en moyenne, puis en diminuant ensuite progressivement par étape de 10 jours jusqu’à la dose minimale efficace jusqu’à l’arrêt.

Il s’appuie sur les antiépileptiques, les antidépresseurs, les antihyperalgésiants.

Traitement des crises

Il s’appuie sur le paracétamol, le néfopam, ponctuellement en raison d’éventuels effets indésirables, le Tramadol: bien qu’opioïde et donc inactif sur les neuropathies, il a sa place (forme à LP), le Cannabis sous forme d’huile, les AINS seulement pendant la période inflammatoire, de même que les opioïdes (codéine, morphine).

Bien sûr, ces thérapeutiques antidouleur s’intègrent à une prise en charge plus large basée sur:

  • l’hormonothérapie: la pilule, la progestérone, les analogues;
  • la neurostimulation;
  • les traitements invasifs (chirurgie);
  • les approches complémentaires: ostéopathie, sous forme de fasciathérapie, mésothérapie, kiné, acupuncture, gymnastique, alimentation (évitant les aliments pro-inflammatoires tels que le gluten, le lactose);
  • les approches corticales: sophrologie, méditation, hypnose;
  • la psychothérapie.